Né de l’initiative des étudiant-e-s du programme de doctorat en sémiologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), le Cygne noir a pour mission de fournir aux recherches développant une pratique sémiotique un espace de publication exploratoire et scientifique. Du foyer rayonnant montréalais, la revue cherche à rallier la communauté sémiotique internationale afin d’offrir à son lectorat des articles provenant d’horizons multiples. Le Cygne noir a été fondé dans un esprit d’ouverture, tant par rapport aux objets traités qu’à la forme que peuvent prendre les différentes contributions. Artistes, chercheuses et chercheurs sont ainsi conviés à contribuer.
D’après la théorie de Nassim Taleb, le « Cygne Noir » réside en un biais cognitif. La seule observation de cygnes blancs mènerait à la déduction hâtive et erronée que tous les cygnes sont blancs. Ce fut effectivement une croyance longtemps partagée par les Européens jusqu’au 17e siècle, avant qu’ils ne découvrent l’existence de cygnes noirs en Océanie. Ainsi, par extension, chaque signe remettant en question les conventions et les lieux communs est appelé « Cygne Noir ». Bercée par cette idée, la revue engage l’esprit de la découverte et de la déconstruction, et cherche à mettre en lumière l’imprévisibilité et la sérendipité à l’œuvre dans les processus sémiotiques fondant l’épistémè. En ce sens, la principale mission du Cygne noir est de créer un espace d’échange des formes de pensées intellectuelles, universitaires et artistiques. Un lieu également offert aux théories et pratiques coupées de leur voix. En somme, une revue ouverte sur l’originalité intellectuelle et qui ne se laisse pas intimider par les approches non canoniques.
Le comité fondateur de la revue a programmé l’élaboration d’un numéro par année. Chaque production est orientée en fonction d’un thème évocateur. Le thème du « Cygne Noir » en inaugure la série. Le lancement de la revue, à l’hiver 2013, aura lieu dans le cadre d’un événement spécial, lui offrant par là-même une meilleure visibilité afin de faire connaître son numéro liminaire. Entièrement accessible en ligne et gratuitement via sa plateforme web flexible et offrant de multiples possibilités médiales, le Cygne noir doit profiter d’une structure de diffusion qui garantisse l’accessibilité à son contenu et qui permette un partage constant entre lecteurs et contributeurs, dans un espace d’échanges féconds.
Tripartite, Cygne noir, revue d’exploration sémiotique cherche à circonscrire trois champs de possibilités. En premier lieu, la section « Jeux de concepts » concerne l’élaboration de théories nouvelles au creuset d’un esprit scientifique rigoureux et de questionnements créatifs. Le deuxième volet, « Jeux de langages » explore l’usage du langage sous toutes ses formes; on y voit une mise à l’épreuve de sa plasticité même, sondant ses possibilités ultimes ainsi que ses absurdités. Enfin, « Jeux d’images » capture et exploite les images fixes et mobiles dans une perspective sémiotique, de la photographie à la vidéo, et au-delà. Une prédilection particulière sera accordée aux œuvres méta-discursives, qui sauront mettre en évidence le jeu dialectique qui lie – et sépare - matière et langage, « créature » et création ainsi que faire et comprendre artistiques.